Statistiques

1) Résumé chiffré : Tous nos déplacements et hébergements jour par jour
2) Statistiques : coût par catégorie et par pays, et coût global du Re-Tour
Our two main means of getting around, boat and bicycle gave us extraordinary glimpses of life.
Arrivés dans un état lamentable (crevés, boueux et trempés) hier soir dans le joli Thanakha Hotel, tenu par un couple Breton-Myanmar, au bord du chenal nord du lac Inlé, nous avons vraiment apprécié le luxe (relatif, 108$ la chambre) et notamment la douche chaude et le grand lit...
Quelques mots sur le lac Inlé, vaste étendue d'eau douce (100 km sur 10 ?), peu profonde (2-3 m ?), à environ 300 km au sud-est de Mandalay et à quelques vallées à l'est de l'Irrawady dans lequel il se déverse un peu plus au sud. Avec Mandalay et Bagan, il constitue en fait le 'triangle d'or' du tourisme récent au Myanmar. Il est surtout célèbre pour l'incroyable façon qu'ont ses pécheurs de pagayer avec leur jambe en bout de pirogue pour pouvoir manipuler leur grande nasse conique à deux mains. Nous en verrons un certain nombre, preuve que la coutume se maintient, mais malheureusement d'un peu loin pour l'appareil photo de l'intelliphone.
Pourtant aujourd'hui il nous est apparu comme un peu menacé, tant à cause de l'invasion galopante de la jacinthe d'eau que par l'empiètement croissant des activités agricoles (jardins flottants) et artisanales sur ses bords. Et c'est en effet la visite de ces activités qui était prévue ce matin, avant le retour à Yangon par l'avion de l'après-midi.
Comme la veille, nous embarquons sur une pirogue de 20 mètres de long et d'un peu plus d'un mètre de large, dans laquelle sont installés six fauteuils en bois, l'un derrière l'autre. Simplement, aujourd'hui c'est le niveau au dessus avec coussins moelleux, couvertures imperméables, pépins au cas où... et échappement équipé d'un silencieux ! Car les moteurs, chinois, qu'ils utilisent tous sont des 28-chevaux monocylindres à 200 tours minutes avec arbre de l'hélice directement actionné par une courroie en sortie moteur, d'où un boucan assez important... Mais le plus caractéristique et le plus spectaculaire est la grande gerbe d'eau que soulève à l'arrière de chaque pirogue l'hélice immergée seulement aux 3/4 de ses pales ! Pourquoi cette coutume ? Certains disent que c'est par souci d'optimisation entre résistance de l'eau et vitesse résultante... Moi je pense que la pratique n'est pas dénuée d'une certaine préoccupation... esthétique, tant les gerbes sont amples, visibles de loin et évocatrices d'une certaine 'puissance', soulignée par le bruit de mitrailleuse lourde du moteur... Une sorte de machisme lacustre... D'ailleurs, pas vu une seule femme à la manoeuvre !
Toujours est-il que, à 25-30 km/h environ, les bords francs à fleur d'eau et légèrement mais régulièrement aspergés d'embruns, nous filons sous un ciel très sombre en croisant les doigts sous les couvertures pour ne pas recevoir le même déluge qu'hier soir... Et chance, après quelques gouttes initiales, le ciel va se dégager petit à petit et le soleil se montrer à partir de la mi-matinée, rendant le spectacle encore plus magnifique de ce grand lac enchassé dans son écrin de montagnes où le vert de la végétation le dispute au rouge vif de la terre ferrugineuse.
En fait nous visiterons trois ateliers, mais qui resteront tous les trois dans nos mémoires :
- d'abord l'atelier des forgerons, grand hangar sur pilotis, où les gars utilisent des bouts de ferraille de récupération pour forger un peu tout, des lames de machette en fer aux gongs de toute taille en bronze mélodieux ;
- ensuite l'atelier de tissage d'étoffes en soie ou en fibres de lotus, aux teintes naturelles extraites de diverses écorces (rouge pour le manguier, gris ou noir pour 'l'arbre du lac Inle', bleu sombre pour le fruitier 'jack fruit'), avec une grande et passionnante leçon de tissage par Christian, le seul de nos amis qui se soit jamais construit tout seul un métier à tisser (en Côte d'Ivoire) ;
- enfin l'atelier de construction des grandes pirogues du lac Inlé, en longues planches de teck sciées 'en long', puis ajustées et vissées à des nervures espacées de 50 cm, calfatées ensuite à l'aide un mélange de laque et de de sciure de bois, avant de recevoir plusieurs couches de peinture noire : superbe ; et si les gars travaillent sans plan apparent, c'est qu'ils connaissent par coeur le modèle standard, et ils le répètent avec une grande dextérité et une non moins grande vitesse d'exécution !
Retour à l'hôtel, à travers les jardins flottants ancrés par de longs piquets en bambou (quelle merveille ces bambous !), pour un déjeuner rapide et récupérer les bagages, et puis nous nous engouffrons dans un minivan taxi pour l'aéroport de Hého (30 km, 30', 45$), d'où un ATR-72 nous emportera en moins d'une heure jusqu'à Yangon et la villa des Dessallien.
Fin de la balade, et, par conséquent, fin du Re-tour en Indochine...

Depuis la terrasse de l'hotel on ne se lasse pas d'observer les gerbes d'eau des pirogues

Premier arrêt, chez les forgerons / ferronniers du lac : technique, précision et rapidité

Ici bien sûr, tout est sur pilotis

Deuxième arrêt, chez les tisserands : arc en ciel de couleurs, méthode et délicatesse

Troisième arrêt, chez les piroguiers : tout à la main

Jardins flottants : une grosse partie des tomates du pays est produite ici...

Eh bé, mes aïeux, quelle aventure ! Partis de Kalaw le samedi 23, nous avons fait un trek de 50 bornes : 18 km le samedi et 18 km le dimanche, puis 14 km le dernier jour lundi 25, avant d'embarquer sur une de ces belles pirogues motorisées - qui font un si beau panache d'écume derrière elles et qui sont la marque du Lac Inle - pour nous faire déposer à notre hôtel tout à fait à l'extrémité nord du lac, le Thanakha, établissement 'de luxe' qui va nous permettre de nous refaire une santé avant le retour à Yangon demain puis au pays le 27-28...
Raconter le trek par le menu, c'est impossible : trop de belles choses, de beaux paysages, de belles situations, de belles rencontres,... En revanche, ce qu'il est possible d'essayer, c'est présenter quelques thèmes : cadre, organisation, déroulement,... et de laisser aux photos la charge d'évoquer nos souvenirs et nos émotions...
Cadre géographique
La balade s'est déroulée dans le centre du pays, entre la station d'altitude de Kalaw (1400 m) et le Lac Inle (1000 m), zone de moyenne montagne faisant partie d'un des sept 'états' reconnus comme tels, le Shan State, une des 'marches' (sans jeu de mots !) de la Birmanie centrale (laquelle fait tout de même 70% de la population). Au point que l'on nous a tamponné nos passeports à l'arrivée à, et au départ de, l'aéroport de Hého !
Organisation
Vraiment extra ! Le secrétariat des Nations Unies à Yangon (!) l'avait confiée à l'une des 20 ou 25 sociétés de trekking de Kalaw, en l'occurrence Sam's Family qui avait désigné un de ses guides, en l'espèce une jeune femme de 24 ans, dite 'July', bonne anglophone, qui avait à son tour embauché un cuistot et loué des maisons familiales d'accueil dans les villages ! Si bien que nous avons eu trois repas par jour, joliment servis sur tables basses, et des nuits très agréables sur nattes ou petit matelas dans de jolies maisons en lattes de bambou tressées, sans oublier les couvertures car une fois le soleil couché la température descendait à 10 degrés !
Déroulement
Le premier jour, série de grimpettes forestières en quittant Kalaw jusqu'à une sorte de chemin de crête que nous n'avons pas quitté jusqu'à la halte du soir, avec d'un côté des vues plongeantes sur la vallée et de l'autre une progression ondulante à travers l'agriculture traditionnelle de la région et ses très nombreux champs de piments en cours de cueillette. Magnifiques paysages à la lumière dégressive...
Le deuxième jour, traversée d'une sorte de vaste pénéplaine, de nouveau à travers une vision du monde rural d'il y a 1000 ans... Magnifiques charrettes de teck, merveilleuses maisons sur pilotis, pittoresques tenues traditionnelles (tribus Danu et Pa-o), en particulier le chapeau d'écorce de bambou dont on ne peut être que convaincu qu'il est l'ancêtre direct du 'casque colonial'...
Le troisième jour, le plus éprouvant : 14 km à faire dans la matinée (lever tôt...), majoritairement en descente douce vers le Lac Inle, mais sous la pluie battante la plupart du temps !! Donc forcément, moindre attention apportée au paysage - essentiellement vallons feuillus - et davantage à nos chaussures, vêtements et sacs, entièrement trempés à l'arrivée...
Ce troisième jour s'est achevé par un parcours d'une heure en pirogue sur le lac Inle, site incroyable qui fait l'objet de l'article suivant, l'avant-dernier de ce blog...
Attention : 101 photos !!
C'EST LE JOUR 1 ! (35 photos)

Les vaillants trekkers au départ L'ancienne résidence du Gouverneur

'July' mène le train, d'abord sur terrain accidenté à travers la forêt

Enormes bambous, énormes banians

Noter le panneau photovoltaïque pour la recharge des téléphones

Matériel agricole, bois et bambou

Première nuit, précédée d'un fameux dîner
DEUXIEME JOUR (44 photos)

Nature et humanité en pleine symbiose

Pause déjeuner, toujours chez l'habitant, mais préparé par le même jeune et talentueux cuisinier

Paysage de vallée, en saison sèche
TROISIEME ET DERNIER JOUR (22 photos)

Préparation, à base de bois de santal, et application de la thanaka

Couvrons-nous, l'orage menace...

L'ancêtre, le modèle, du casque colonial, ici entièrement en bambou

Arrivée au bord du Lac Inlé, plus que 30 km en pirogue

Étendu sur le lit du Pine Breeze Hôtel à Kalaw, en attendant 'les autres', je récapitule :
Partis tôt ce matin, nous avons encore une fois été surpris par la petite taille de l'aéroport et sa grande activité: : 6 mouvements d'avion en une demi-heure, et tous des 72 places (ATR-72) ! Notre vol dure 45', au dessus d'une multitude de petits champs bocagés, puis d'une savane arborée mais très sèche, coupée d'une chaîne montagneuse peu avant l'atterrissage.
Nous sommes à... Heho, à l'extrémité nord du grand lac Inle, but de notre 'trek' à venir, et il nous faut rallier maintenant Kalaw, notre point de départ. Pas de bus, pas de covoiturage envisageable, il y a bien un train (!) mais dieu sait quand, et pour 30 km, tant pis, il n'y a plus que le taxi. Ils nous ont vu(s) venir, tous les mecs en longyi qui nous attendent à la sortie du Heho Airport, qui 'chauffent' de grosses Berlines (Toyota bien sur) et qui partagent le prix de la course avec le propriétaire : 30 000 kyat, pas de discussion... J'ai beau crier à la cantonade "Kalaw, 25 thousand !", un peu comme à la Bourse, rien à faire, le marché est haussier, et ça les fait bien rigoler, unis qu'ils sont par la règle d'airain de leur 'syndicat'...
Nous voilà donc dans la berline, 'lancés' sur la 'route de montagne' qui mène à Kalaw... Non content de se trainer à 30 à l'heure, strictement, il passe au point mort à chaque descente : il n'aura vraiment pas beaucoup brûlé de carburant ! Arrivés au but, nous nous installons au Pine Breeze, réservé pour nous par le secrétariat de Renata : chouette petit établissement, accroché en haut de cette 'hill station' comme les Anglais - et les Français aussi avec Dalat au Vietnam ou Ifrane au Maroc - avaient coutume de développer et d'utiliser aux mois les plus pénibles de l'année.
Nous partons alors en pré-trek de deux heures environ, à travers la 'station', essayant de repérer quelques traces de la présence coloniale : une église ici (où le même prêtre italien a officié de 1931 à 2000 (!), un 'parsonage' là, quelques maisons aussi qui, même retapées, ont des airs, coloniaux ou anglais, indiscutables. En chemin trois observations majeures :
- Il y a des pins à Kalaw et sur toutes ces collines, il y a même de magniifiques orangers dans le jardin de l'hôtel, ce qui en dit long sur le climat local...
- Comme partout j'imagine, il y a des militaires à Kalaw, mais, peut être pas comme partout, ici ils bossent : nous les avons surpris en pleins travaux communautaires d'entretien des bords de rues !
- Il y a une mosquée, en plein centre ville, et comme c'est vendredi aujourd'hui nous assistons à la sortie : beaucoup de monde ! Moi qui croyais que les musulmans (3% de la population) étaient cantonnés le long du Golfe du Bengale, j'en suis pour mes frais... Ils sont donc aussi dans le Shan State où nous sommes entrés ce matin (on nous a même demandé nos passeports) et pas seulement dans le Rakhine State.
En rentrant, nous sommes passés au 'ma-ké', très propre, où Sue a pu acheter des socquettes et des bonbons, tous les deux pour la balade. Et puis nous sommes rentrés à l'hôtel, lire nos livres (Orwell et Proust...) en essayant d'emmagasiner de la chaleur avant le trek...
Vers 19h, ils débarquent, et nous allons tous dîner en ville d'une bonne 'noodle soup' bien chaude...

Au dessus du site de Bagan, puis en s'approchant du Lac Inle

Hého, c'est un joli nom pour un aéroport

Pine Breeze Hotel, impeccable, pantoufles fournies

Signalisation dans Kalaw : police prévenante, adresse émouvante (Parsonage House)

L'armée, avant de rendre le pouvoir, tient à montrer qu'elle travaille au bien public

En déjeunant chez 'Sam Trekking', surprise : notre groupe ("UNDP 6 pax")est inscrit

Beau marché, où on trouve de tout...